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Le Royaume du Bouganda

Ouganda


Au XVIIème siècle, l’Ouganda tel que l’on connaît le pays à l’heure d’aujourd’hui n’existe pas encore. Autour des Grands Lacs, ce sont des petits royaumes bantous qui se partagent les terres arables et en particulier celui du Bouganda qui va connaître en deux siècles une formidable expansion. Des chefs comme Mutebi Ier (de 1663 à 1690) ou Mwanga Ier (de 1744 à 1771) vont contribuer à unifier les tribus assujetties à leur royaume.

Le Kabaka (Roi) Suna II Kalema règne sur le Royaume Bougandais depuis 1825. Il a 25 ans et veut agrandir son territoire. Il est jeune, ambitieux et ne tolère pas l’opposition des autres potentats locaux. Il va bientôt prendre le contrôle de toutes les routes commerciales qui mènent jusqu’à l’Océan Indien au détriment de ses voisins du Bunyoro et du Toro, empêtrés dans d’interminables luttes de succession. Malgré toutes les guerres que mènera le Kabaka, il ne pourra annexer le Bunyoro.
Politique guerrière mais politique d’assimilation aussi. Suna II, sans le savoir, va poser les futurs jalons de la monarchie ougandaise. En annexant les tribus avoisinantes, celles-ci deviennent dépendantes du Bouganda et de facto finissent par adopter le Baganda comme seule langue d’échange.
A sa mort en Octobre 1856, Suna II laisse à ses héritiers un royaume unifié et prospère que seule l’arrivée de colons anglais va troubler l’équilibre.

Son fils et successeur Mukaabya Mutesa Ier (né en 1837) va avoir fort à faire avec tous ses étrangers qui convoitent son royaume. Il accepte avec une facilité déconcertante les marchands arabes et ceux –ci ne se font pas prier pour s’installer auprès du Kabaka tout en procédant au passage à quelques conversions. Il y’a aussi en 1860 ces explorateurs anglais qui recherchent la source du Nil et qui en profitent pour faire un recensement des richesses locales du pays, des mines de cuivre, de cobalt à celles d’Etain. Enfin, il y’a encore ces missionnaires protestants venus d’Europe en 1877, première vague d’une colonisation déjà présente qui va s’accroître deux ans plus tard avec l’arrivée de leurs homologues catholiques en Bouganda. Mutesa observera tout ce remue ménage avec suspicion et amusement. Il ne se convertira jamais à l’une de ces trois religions, preuve d’une farouche indépendance à l’égard des colonisateurs. D’ailleurs, il enverra même une ambassade à la Reine Victoria ; Reine d’un Royaume- Uni qui ne voyait qu’en ce lointain cousin, un sauvage de plus. Mais il valait mieux se méfier de ces africains qui en Janvier 1879 avaient battu les valeureux soldats de Sa Majesté en Afrique du Sud.

Enfin Mutesa ne trouvait pas grâce aux yeux des prêtres missionnaires qui l’encourageaient à interdire la polygamie. Le Kabaka n’entendait pas non plus se convertir à la religion musulmane depuis qu’il avait appris que tous convertis devaient se faire circoncire. Une aberration selon lui. Il mit un malin plaisir à monter les communautés religieuses les unes contre les autres pour les affaiblir. Mutesa était par ailleurs un souverain autocrate au sens européen du terme. Il était imbu de l’étiquette rigide qui prévalait à la cour de son Royaume auquel il avait modernisé son armée avec des fusils dernier cri. Il n’hésitait pas à faire exécuter des milliers de ses sujets pour de simples infractions mineures afin de montrer à tous ces étrangers et son peuple qu’il était un de ces souverains absolus que rien n’effraie. Sa mort le 19 Octobre 1884 allait plonger son pays dans la guerre civile où dans laquelle s’engouffraient déjà les différents dignitaires des trois religions.


Son fils Mwanga II Basamumula Ekkere a 16 ans lorsqu’il monte sur le trône. C’est un adolescent nerveux qui est couronné le 24 Octobre. Il a sur lui l’ombre de son père et il voue une haine tenace envers tout ce qui est
bafaransa (Chrétiens). Pourtant cela n’a pas été toujours le cas. Avant son accession au trône, le futur Kabaka avait été un élève assidu des missionnaires. Aujourd’hui, il n’apprécie guère que son peuple suive les directives des églises auxquelles son père a accordé une liberté de culte. Il décide de les expulser quand il ne les fait pas massacrer comme cette journée du 3 Juin 1886 où 22 jeunes pages seront brûlés pour avoir (officiellement) refuser d’abandonner leur religion ou cet Evêque anglican fraîchement nommé qui sera assassiné en Octobre 1885 sur la route de Bugosa. Et Mwanga de se tourner finalement vers la religion musulmane plus compréhensive à ses yeux.

Les princes de sa cour ne disent rien car la vérité sur les motifs du Kabaka est connue de tous. Au sein du palais, on connaît les amours coupables du roi. Mwanga est un jeune prince homosexuel attiré par la beauté des pages qui constituent sa suite. Jusqu’à présent tous acceptaient de se coucher dans le lit du souverain mais dès lors que les missionnaires apprenant cet état de fait leur en interdit l’accès, ils s’y refusèrent. Mwanga II courroucé vit la preuve d’un complot chrétien visant à le destituer.

D’ailleurs, la Compagnie Impériale de l’Afrique de l’Est Britannique installée dans cette partie de l’Afrique depuis 1880 entend réduire les pouvoirs de ce jeune Kabaka qui les empêche de commercer en rond. Ils décidèrent de financer une rébellion ouverte de chrétiens contre l’autorité royale. C’était la première fois que les colons anglais intervenaient directement dans la politique intérieure du Royaume. Jusque là le Kabaka Mutesa leur avait concédé des parcelles à gérer contre un certain pourcentage en retour (dont il ne verra d’ailleurs que peu la couleur). Mwanga II lui, ne voulait plus de ces blancs qu’il accusait (déjà) de lui prendre ses richesses au détriment des Bougandais. Nationalisme primaire contre des religions séculaires, voilà toute l’origine de la guerre civile qui éclate en 1888. Mwanga tente de réformer son armée en … lui supprimant ses armes à feu. Ses soldats n’apprécient pas et le lui font savoir. Mwanga tente un coup d’état pour restaurer son autorité mise à malil est finalement destitué le 10 Septembre par le Conseil Royal au profit de son demi-frère Mutebi Kiwewa.

Une régence théologique composée des 3 religions est installée avec la bénédiction de la Compagnie Impériale. Le règne de Mutebi sera bref. Il sera assassiné le 21 Octobre 1888 dans sa prison. Dans la confusion, Mwanga en profite pour s’échapper. Le Conseil Royal nomme un autre demi- frère de Mwanga sur le trône pour lui succéder, Kalema Rashid.
Kalema n’entend pas gouverner avec la régence et privilégie l’omniprésence de la religion musulmane auquel il s’est lui aussi converti. En Août 1889, il destitue le Conseil de régence. Et de facto, il menace les intérêts de ceux qui l’ont placé sur le trône. Les anglais répondent favorablement aux messages de Mwanga II qui voit là le moyen de retrouver son trône perdu. Il n’a pas tort. En échange d’une partie de la souveraineté du Bouganda, les anglais déposent Kalema (qui a refusé la conversion à la religion chrétienne contre l’absolue certitude de garder son pouvoir) et réinstallent Mwanga sur le trône le 5 Octobre 1889.

En 1894 le Bouganda, royaume souverain, devient protectorat anglais. Les autres royaumes allaient bientôt suivre le pas de gré ou de force. L’Ouganda venait de naître. Mais Mwanga renoue vite ave ses démons et s’aperçoit que la «de la souveraineté du Bouganda» lui a aliéné une majorité de son aristocratie. Il risque de perdre son pouvoir royal. En 1897, il décide de soutenir une rébellion avant de s’enfuir dans les collines pour éviter sa capture par les forces Britanniques. Le pays plonge de nouveau dans la guerre civile. Le 9 Août, la Compagnie Impériale décide de la destitution de Mwanga et de son remplacement par son fils Daudi Ghwa II.

Le royaume se retrouve divisé avec deux rois que tout oppose.

Il faudra attendre le 15 Janvier 1898 pour que Mwanga soit défait à Kislaira par les Britanniques. Mais il ne sera que capturé en 1899 et exilé ensuite aux Seychelles sans espoirs de retour. Mwanga II décèdera en 1903 loin de son pays natal qu’il n’avait pas su gérer. Un an auparavant, Kalema l’avait précédé dans la tombe.


La Compagnie Impériale a les mains libres sur la destinée du Bouganda. Le fils de Mwanga est né le 8 Août 1896 et donc à juste un an lorsqu’il est couronné. C’est au Premier Ministre (
Katikkiro) Apolo Kagwa que revient les privilèges d’assurer la régence. Celle –ci durera jusqu’aux dix- huit ans de Daudi Ghwa II en 1914. La première guerre mondiale éclate alorsl’Ouganda n’échappe pas à la mobilisation. Le Kabaka dont les pouvoirs se sont réduits à une peau de chagrin tente de timides réformes. Il n’aura pas le temps d’achever la réorganisation de son royaume. Le 22 Novembre 1939, il décède à peine âgé de quarante trois ans. La deuxième guerre mondiale ne l’a pas attendu et après elle, les débuts des mouvements d’émancipation.

Le nouveau souverain à quinze ans. Mutesa II est né le 19 Novembre 1924 dans un Ouganda dirigé par la couronne Britannique. Le Bouganda est tellement assujetti aux Anglais que c’est dans son université de Cambridge que Mutesa apprendra la mort de son père. Le Premier Ministre Martin Luther Nsibirwa assure la régence. Le Katikkiro est ambitieux pour son souverain. Il soutient en sous mains les révoltes contre les anglais, se voit remplacer en 1941 par Samwiri Wamala puis revient aux affaires du Royaume en 1945. Entre temps, le 19 Novembre 1942, Mutesa II a été couronné Roi du Bouganda dans une cérémonie similaire à celle des Rois d’Angleterre.
Mutesa II veut régner et veut gouverner sans que les Anglais n’y mettent le nez dans ses affaires. Mais devant la puissance coloniale, le Kabaka lui-même emprunt de culture anglophone et protestante (
bangereza) hésite à soutenir la cause indépendantiste. D’ailleurs en 1949 toute velléité indépendantiste a été écrasée dans le sang. Le pouvoir colonial menace le Kabaka de lui retirer tous pouvoirs si les Bougandais recommencent à réclamer des libertés. Et cette soumission exaspère les Bougandais. Durant cette année 1949, environ 4000 paysans se soulèvent. La rébellion surprend les autorités coloniales qui sauvent juste à temps le Kabaka d’une prise de palais. Mutesa II devra se résoudre à interdire les syndicats et les partis qu le soutiennent. Il ne protestera pas lorsque le Prince Suna (un fils de Mwanga II) sera arrêté pour avoir participer au complot. Une large partie des Bougandais s’estiment trahis par ce souverain en qui ils avaient placé tant d’espoirs.

La vie politique du Bouganda se confond désormais avec celui de l’Ouganda tant la prépondérance de son administration est impressionnante au sein du protectorat. Mutesa II craint autant les Anglais que son opposition. Et la vie politique en Ouganda est dirigée par deux partis. Le Congrès National de l’Ouganda (U.N.C.) fondé en 1952 et le parti royaliste, le Kabaka Yekka ( Seulement le Roy ).
A la tête de l’U.N.C se trouve Apollo Milton Opeto Obote, un nordiste du village d’Akokoro.
Né le 28 Décembre 1924, Milton Obote est le fils d’un chef local de l’ethnie Lango. Eduqué par les missionnaires protestants dès 1940, il démontre rapidement un vrai talent d’orateur. Etudiant, il participe à une grève et vite expulsé de l’université de Makerere. Il se réfugie alors au Kenya, travaille comme manutentionnaire et participe au mouvement indépendantiste du pays. Il reviendra en 1956 en Ouganda, s’offrira le luxe de se faire élire à l’Assemblée coloniale un an plus tard sous l’étiquette de L’U.N.C. Il met rapidement ses talents au service du parti et en devient rapidement le leader.


Mutesa II agace les Britanniques avec ses revendications et la dernière en date a été douloureusement digérée. Le Kabaka réclamait que son pays soit séparé du protectorat et placé sous la juridiction directe du Ministère des Affaires Etrangères. Le 30 Novembre 1953 il est brutalement embarqué dans un avion à destination de Londres. Un exil de trois ans commence. Mutesa est coupé de son peuple. En Angleterre, il devient Frederik Edward, affectueusement surnommé «Freddie».

Le Parti Démocratique ( D.P.) qui est crée en 1954 balaye une base plus religieuse qu’ethnique contrairement à ses rivaux. Il rassemble les deux composantes chrétiennes du pays. Benedicto Kiwanuka qui le dirige est un fervent royaliste et désire que son pays accède à l’ère moderne coupé de tout système féodal. C’est un parti majoritairement composé de catholiques. Le Kabaka qui est un protestant convaincu n’accepte pas que ce parti se revendique de son autorité. Il lui préfère de loin le Kabaka Yekka , plus traditionnel à ses yeux. Mais loin de son palais, «King Freddie» n’a pas droit au chapitre.

La vie du Royaume s’écoule sans lui sous la régence du Premier Ministre Paulo Kavuma .


Pas si tranquille la vie du Bouganda. Les partisans de chaque camp s’affrontent. La situation devient intenable pour l’autorité coloniale qui a du abandonner son idée de créer une fédération de trois pays (Kenya, Ouganda et Tanganyika). Il est vrai que l’opposition au projet était forte en Ouganda. Ceux-ci craignaient que cette fédération soit un jour conduite par les Kenyans blancs dont l’autoritarisme et la brutalité étaient connus de tous. Le 19 Octobre 1955, c’est donc un Mutesa II qui revient triomphant en Ouganda réinstallé par les anglais afin d’éviter que le pays ne sombre dans l’anarchie. Il trouve un pays divisé politiquement, religieusement et ethniquement. Les catholiques soutiennent le Parti Démocratique, principalement composé de Sudistes Bantous, les protestants et les musulmans sont membres de l’U.N.C dont la composante ethnique est nilotique nordiste et le parti royaliste rassemble toutes les autres ethnies multiconfessionnelles favorables au Kabaka. . En 1959, l’U.N.C se divise quant au statut futur du souverain au sein d’un Ouganda unifié. Certains entendent le maintien de la monarchie, d’autres souhaitent un souverain constitutionnel et les autres, la république. Milton Obote fait peu de cas du Kabaka et oscille entre le maintien du souverain et la république. La voie de l’indépendance est ouverte pour l’Ouganda ou le Bouganda . L’Angleterre coloniale ne s’oppose plus à l’indépendance de sa colonie. Obote fonde le Congrès du Peuple Ougandais (U.P.C.) et Mutesa reçoit le pouvoir de nommer ou démettre les membres de son gouvernement. C’est Kavuma qui le premier en fera les frais avec son remplacement par Michael Kintu.

Les autorités coloniales se méfient de Milton Obote dont les thèses sont jugées trop extrêmes et lui préfère le Parti Démocratique. Mutesa II gagne lui aussi en popularité. Des mouvements favorables à l’indépendance sous son règne se multiplient tel celui qui se fait appeler pompeusement, le mouvement des Amis du Roy. Un million de Bagandais se retrouvaient derrière son Roy. Mutesa menait désormais le vent de la révolte et entendait s’élever au dessus des partis traditionnels. Le pouvoir colonial n’avait plus le choix. Ils décidèrent d’appeler les ougandais au vote en Mars 1961. Les royalistes appelèrent au boycott. Leur principale revendication ne trouvait pas d’échos. Ils réclamaient que le Bouganda est sa propre autonomie au sein d’un Ouganda unifié.
Le Parti Démocratique profita du désordre et des querelles politiques aux élections pour rafler la majorité des sièges alloués aux africains soit 20 sièges sur 21 d’une assemblée de 82 membres. Benedicto Kiwanuka fut naturellement nommé Premier Ministre du nouvel Ouganda.



Les royalistes se trouvaient désormais désunis. Ceux du Parti Démocratique se réjouissaient d’avoir pu unifier le pays, les partisans du Kabaka ne reconnaissaient pas les résultats de ces élections. Le pouvoir colonial recommanda que le pays adopte un statut plus fédéral afin d’empêcher les ethnies du pays de s’affronter. Et de citer l’exemple du Bugosa. Le Kabaka Yekka s’empressa de faire sienne ces mesures. Il est vrai que l’une de ces mesures reconnaissait le Bouganda comme royaume autonome. C’est à ce moment là que le Roy fut approché par l’U.P.C d’Obote.
Son avis sur le Kabaka n’avait pas changé mais son ambition première était surtout de renverser son rival du Parti Démocratique. Il accepta de reconnaître une future autorité de Mutesa, un pouvoir de nomination exécutif contre une alliance avec son parti. Inévitablement, le pays se préparait à de nouvelles élections. En Avril 1962, ce fut le désastre pour le parti de Kiwanuka . Il put à peine faire élire 32 élus contre 77 pour l’alliance U.P.C.- K.Y (soit 43 pour Obote et 34 pour Mutesa). Le 25 Avril, Milton Obote devenait enfin Premier Ministre de l’Ouganda.

Le 9 Octobre 1962, Sir Edward Mutesa II est couronné Roi d’un Ouganda fédéral composé de quatre royaumes et de fait l’indépendance du pays était proclamée au sein du Commonwealth. Le pouvoir colonial avait négocié ce statut afin de garder la mainmise sur le pays tout en lui rendant son indépendance. Le Foreign Office avait l’œil sur les richesses exploitables de l’Ouganda mais n’entendait pas se mêler désormais des affaires politiques du pays.

Et des problèmes, King Freddie allait en avoir. Mutesa II entendait gouverner seul un territoire qu’il considérait comme le sien. Il oubliait que les Bougandais ne formaient que deux millions de personnes sur une population de 6 millions de composantes ethniques hétéroclites. En face de lui, Milton Obote avec une vision politique différente de celle du Roy.
Pour le Premier Ministre, point de monarchie pour l’Ouganda mais une république avec à sa tête un président élu, peu importe que ce soit un prince royal ou non. Seulement en ces temps nouveaux, attaquer le Kabaka était suicidaire pour tous politiciens de renom.
Obote se soumis au Kabaka qui lui laissa en contrepartie carte blanche pour une modification de la constitution. Mutesa croyait qu’une nouvelle constitution assurerait la pérennité de la monarchie. Et de royauté, grâce à de subtiles tours de passe passes juridiques, l’Ouganda devint en 1963 une république. Obote de rester Premier Ministre, Mutesa de devenir Président de la République Fédérale d’Ouganda.


Les tensions s’accrurent entre partisans du Roy et ceux du Premier Ministre. Les Bougandais craignaient que la République ne les enferment dans un carcan qui aurait abolis toutes leurs traditions. Le conflit politique devenait racial. Il était évident pour tous Bougandais qui se respectaient, ils étaient les fondateurs de l’Ouganda moderne.
Milton Obote ne supportait plus le Président Mutesa qui exigeait qu’on le nomme par son titre de Kabaka. Les partisans du Roy dénonçaient la corruption latente qui sévissait au sein du gouvernement. D’ailleurs des rumeurs persistantes accusaient conjointement Obote et le Sous Chef d’Etat- Major Idi Amin Dada de trafic d’or, d’ivoire, de café et de diamants. Une enquête fut décidée par le Parlement (4 Février 1966) et Obote réagit immédiatement en suspendant la constitution (26 Février). De fait, il n’autorisait plus les différents Roys des pays de la fédération à décider ou voter des lois par eux- mêmes. En arrêtant plusieurs membres de son cabinet issus du Sud (22 Février), en se faisant blanchir de cette affaire par son Ministère de la Justice, Obote était plus que décidé à abattre le Kabaka. Déjà en 1964, Mutesa s’était opposé à Obote qui entendait par référendum séparer du Bouganda les territoires de Buyaga et de Bugangazzi et les restituer au Royaume du Bunyoro.
Le Kabaka Yekka avait organisé un manifestation le 10 Novembre 1964 pour soutenir le Roy. Et Obote d’envoyer l’armée réprimer cette manifestation assez violemment. Il y’eu 6 morts dont deux enfants, abattus dans leur maison. Le Kabaka Yekka décida de rompre son alliance avec l’U.P.C. Obote sentait le danger pointer à l’horizon. Une alliance du D.P avec le K.Y et cela en était finit de sa majorité au Parlement. Il fallait faire vite.

Le même jour qu’il suspendait la constitution, Obote nommait par décret Idi Amin Dada Chef d’Etat- Major. Il outrepassait ses prérogatives. C’était simplement un coup d’état. Le 3 Mars, il limogeait le Président et son Vice-Président (le Kyabazinga du Busoga, Sir Wilberforce Nadiope) s’autoproclamant Président à la place du Kabaka.
Réfugié dans son palais, Mutesa n’entendait pas céder un seul pouce de ses pouvoirs. Il espérait une intervention des Britanniques au nom du Commonwealth. Le Foreign Office, depuis Londres, suivait les événements en Ouganda avec intérêt. Mais Londres n’entendait toujours pas intervenir. Le Roy du Bouganda se retrouvait seul avec ses partisans. En Mai 1966, le Parlement du Royaume (
Lukiiko) exigea que tous ressortissants ougandais quittent le Bouganda immédiatement.

Clairement le Bouganda venait de faire sécession. Obote envoya Idi Amin Dada et ses troupes cerner le palais de Lubiri vers 5 heures 30 du matin, ce 24 Mai. La résistance fut farouche mais brève, des milliers de bougandais furent arrêtés, torturés voir violés sauvagement par les troupes ougandaises. Le Kabaka Mutesa avait certes des troupes mais peu armées. Il dut s’enfuir de son palais en flamme et grâce aux prêtres du séminaire de Lubaga se réfugia un temps au Zaïre, puis au Burundi avant de s’établir à Londres. Le coup d’état avait fait 700 morts.
Le Kabaka Yekka fut interdit, Benedicto Kinawuka fut arrêté, le Parlement du Bouganda devint le nouveau quartier général des Forces Armées Ougandaises. Quant au député du Kabaka Yekka , le député Daudi Ochieng qui avait lancé une enquête contre Obote, il décéda subitement le 1 Juin de douleurs à l’estomac. Pour beaucoup de partisans du Roy, le député avait été empoisonné. Il en alla de même pour King Freddie. Mutesa II succomba le 21 Novembre 1969 à une crise de foi du à une surdose d’alcool. On parla d’empoisonnement. Le Roy avait sombré dans l’alcoolisme mais il n‘avait pas abdiqué.



Obote interdit tous rassemblements à caractère monarchiste, fit embastiller le Prince Alexandre Ssimbwa (né en 1934, fils de Cwa II) pour une période de …soixante- quatre ans. Mutesa avait gardé tous ses partisans. Les tensions continuèrent et Obote finit par s’octroyer tous les pouvoirs pour lui seul. Une dictature s’était installée en lieu et place de la République. Tous les royaumes furent abolis (8 Septembre 1967), les rois exilés. Au Bouganda, on espérait encore que la restauration se ferait rapidement. Les événements qui s’en suivirent semblaient donner aux monarchistes une raison d’espérer.
En s’imposant comme seul interlocuteur de la scène politique ougandaise, Obote s’était aliéné ses alliés du Nord musulman. Les Britanniques boudaient son régime et l’armée commençait à s’impatienter. Le Général Idi Amin Dada avait compris que seul un régime militaire pouvait sauver son pays du naufrage et pourquoi pas avec lui à sa tête. Il était de confession musulmane et le pouvoir de son acolyte le heurtait de plein fouet.
Il lui fallait donc composer avec ces Bougandais dont il avait organisé le massacre en 1966. Il approcha donc les royalistes et leur promirent la restauration du Kabaka si le régime d’Obote venait à disparaître inopinément. A Londres, la famille royale réunit autour du jeune Ronald Frederick Muwenda Mutebi II, né le 1 Avril 1955, exultait. On entrevoyait déjà la possibilité d’un retour en Ouganda.

Le Général Idi Amin Dada pris effectivement le pouvoir le 25 Janvier 1971. Il n’avait pas eu le choix. Durant un sommet du Commonwealth craignant le retour du Kabaka, Obote avait ordonné par téléphone l’arrestation de son Chef d’Etat-Major. Malheureusement, Idi Amin Dada avait intercepté la communication, fait cerner le palais par les chars, limoger le ci-devant Président obligé de se réfugier tour à tour au Kenya puis en Tanzanie.


Au Bouganda, le coup d’état fut accueilli dans la joie. Le nouveau Général- Président avait promis la restauration du Roy. N’a t-il pas fait libéré le Prince Ssimbwa immédiatementIdi Amin Dada (né Idi Awo Ngo Angoo le 17 Mai 1928) n’était pas un inconnu des Ougandais. Certes, il avait commandé les unités d’invasion du Bouganda et avait été compromis dans l’affaire des trafics frontaliers mais Idi Amin était aussi un géant d’un mètre quatre vint- dix de 140 Kilogrammes, ancien Sergent de la coloniale et boxeur de talent. Si les Bougandais avaient accepté de s’allier avec le Général, ils n’avaient pas oublié les massacres de 1966. Néanmoins, la mère (marabout à ses heures) du nouveau président avait soigné des membres de la famille royale dont le Kabaka Daudi Cwa II. Un mystère entourait curieusement la naissance d’Idi Amin. Sa date de naissance n’est pas vraiment certaine. On avançait 1923, 1924 et son père avait abandonné son épouse car il croyait fermement que son fils n’était pas le sien mais celui du Kabaka Daudi.

Officier zélé, il est à la tête de la garnison qui accueille le retour du Roy en 1953. Il fera parti de la mission envoyée auprès du Roy en Juillet 1961 convaincre celui-ci de ne pas faire sécession. Il avait tout simplement promis que l’armée resterait fidèle à son Kabaka. Quelques mois plus tard en 1962, il intervint violemment dans les querelles des nomades Turkana . Une commission d’enquête conclue à des actes barbares commis par son escadron.

Donc rien d’étonnant que les royalistes bougandais s’étaient ralliés à cette autorité qui promettait le retour de la monarchie et qui portait sur les épaules, un héritage royal mystique. D’ailleurs Amin Dada prit les décisions qui surent rassurer les milieux royalistes. Benedicto Kiwanuka fut libéré et nomme Ministre de la Justice, des membres des familles royales furent nommées au gouvernement et il rétablit la liberté des cultes.


Mais le flirt entre le futur Maréchal à vie autoproclamé et les royalistes sera de coure durée. Le régime va devenir de plus en plus dictatorial frisant la bouffonnerie et le ridicule. Le 22 Septembre 1972, Benedicto Kiwanuka est assassiné sur ordre du Président- Maréchal. Suivront des milliers d’autres dont certains membres issus des familles royales. Idi Ami Dada poussera même le comble à se proclamer «Roi d’Ecosse» tant il exécrait tout ce qui était anglais. La constitution ne fut pas rétablie, les partis politiques interdits, les royalistes pourchassés. L’idée même de restauration fut bannie des conseils ministériels.
De massacres en massacres ethniques le régime d’Idi Amin Dada s’essouffla. La crise qui éclata entre l’état d’Israël et l’Ouganda acheva tout ce qui restait de crédibilité au Maréchal. Une invasion (pour de vagues raisons frontalières) de la Tanzanie en Novembre 1978 provoqua sa chute. Le 15 Février 1979, l’armée Tanzanienne envahit à son tour l’Ougandal’armée ougandaise se soulèvera dix jours plus tard. Idi Amin Dada s’enfuira pour un exil sans retour. Le «Roi d’Ecosse» décédera en Arabie Saoudite en 2003.

Libérés, les Bougandais reprennent espoir. Mais avec son équipement militaire la Tanzanie a dans ses bagages, l’ex- président Obote. Le Kabaka Yekka a remobilisé ses partisans. Le parti du Roy s’appellera désormais le Parti Conservateur (C.P.) et Mayanga Nkangi d’être son leader. Il entend rassembler toutes les oppositions aux précédents régimes. La situation dans le pays est anarchique. La présence des troupes Tanzaniennes rend l’Ouganda ingouvernable. Les deux mois de présidence de Yusuf Lule ( Avril à Juin 1979) suivit de celle de Godfrey Binaisa s’achève par sa destitution le 12 Mai 1980 par une commission militaire dirigée par Paul Muwanga.
Le Parti Démocratique dirigé par Paul Ssemogerere depuis 1972 entend aussi faire parti du jeu politique. On reparle a demi- mot de restauration royale. Les manifestations se succèdent en faveur de tel ou tel partis, les massacres aussi. Les élections législatives sont fixées au 10 Décembre 1980.

Les résultats tombent aussi décevants que suspects. L’U.P.C. obtient la majorité avec 74 sièges. Les fraudes sont avérées. La nomination de Muwanga comme Vice- Président achève de convaincre les partis d’opposition. Pis, le retour d’Obote à la présidence n’annonce rien de bon pour le Bouganda ni pour l’Ouganda.


Yoweri Museveni (né en 1944), leader d’un petit parti appelé le Mouvement Patriotique Ougandais (U.P.M) rejette ces résultats. Transfuge de l’U.P.C, il dénonce l’autoritarisme de son mentor et appelle à plus de démocratie. Le 6 Février 1981 avec ses partisans, il crée l’Armée Nationale de Résistance (N.R.A) et entre en guerre contre le pouvoir en place. Le Parti Démocratique refusera de rejoindre la guérilla, préférant garder le peu de sièges acquis aux dernières élections.
La guérilla sera intensive et sanglante. L’armée exaspérée de ne pouvoir réduire cette guérilla et devant l’incapacité d’un Obote vieillissant, le destitue dans un coup d’état le 27 Juillet 1985. Obote s’exilera en Zambie puis au Kenya où il y décédera en 2005. Le régime militaire du Général Tito Okello sera lui aussi incapable d’arrêter la progression de la N.R.A. Le 25 Janvier 1986, Museveni s’empare de Kampala. L’espoir renaît encore une fois parmi les partisans du Kabaka. D’autant plus que le Parti Démocratique vient d’annoncer son soutien à Museveni. Bon nombre de Bougandais avaient rallié Museveni par aversion d’Obote lors de sa rébellion et une majorité de membres de la famille royale avait publiquement soutenu quand il ne rejoignait pas le leader de l’U.P.M. (comme le Prince Swimbwa)
Pour beaucoup de partisans du Kabaka, en l’absence d’un véritable parti royaliste, le Parti Démocratique apparaît comme l’alternative à leurs rêves de restauration. Peu importe que ce parti se déchire pour le poste de leadership comme ce Andrew Kayiira qui refuse de reconnaître Museveni ( il prendra d’ailleurs bientôt les armes contre le nouveau régime et fondera le Mouvement pour la Libération de l’Ouganda- U.FM.) ou Paul Ssemogerere qui revendique l’héritage du Kabaka Yekka. Museveni, à peine installé sur la chaise d’Obote , laisse entendre qu’il n’exclut pas de réinstaller le Kabaka afin de préserver l’unité du pays.

A Londres, la cour en exil s’agite . L’espoir renaît une nouvelle fois avant de retomber aussi vite qu’il est apparu. Museveni refuse de faire évacuer ses soldats du Parlement Royal, devenu par force de guerre son quartier général. Pourtant, il laisse un temps les manifestations en faveur de Mutebi II se multiplier dans l’ancien royaume et certains journaux annoncent déjà le retour de l’héritier. Sept mois après son arrivée au pouvoir, par l’entremise de son Premier Ministre Samson Kisekka, Museveni fait interrompre toutes discussions concernant l’éventuel retour du Kabaka en Ouganda puis interdit toutes manifestations en sa faveur. Les Chefs de clans Bougandais publient un manifeste décrétant que seule la prochaine assemblée élue pourra statuer en faveur ou non du retour de Mutebi. La N.R.A devenue le Mouvement de Résistance Nationale (N.R.M) menace les royalistes de représailles si les manifestations continuent de s’accroître au Bouganda.

Mi- Août 1986, débarque secrètement en Ouganda Mutebi II sur l’invitation du nouveau pouvoir en place. Cette invitation a un sens politique pour le Président Ougandais. Il met les Chefs de clans devant le fait accompli et crée la division au sein du mouvement de restauration. Dix jours plus tard, un grand nombre de Bougandais étaient arrêtés pour tentative de coup d’état en vue de restaurer le Kabaka. Museveni s’est servi de Ronald Muwenda Mutebi II, le renvoie en Angleterre non sans lui promettre un jour un destin royal….. !


Les années passent et le Président Ougandais évite désormais tous sujets concernant le Kabaka. L’U.P.M est devenu le seul parti autorisé, le pouvoir doit faire face à de multiples autres rébellions armées ou messianiques au cours des dix prochaines années qui suivirent son accession au poste suprême. Museveni se sait contesté .Il s’est engagé dans une guerre transfrontalière en soutenant les rebelles Tutsis du Rwanda en ce début des années quatre vingt dix et n’arrive pas à endiguer cette guerre sainte qu’une illuminée et son cousin ont entamé peu après son arrivée au pouvoir . L’opposition emmenée par le Parti Démocratique réclame des élections au suffrage universel. Paul Ssemogerere entend par les voies électorales se faire élire Président comme il s’est fait élire Député durant un an entre 1961 et 1962. Au Bouganda, il reçoit un soutien sans failles et promet aux Chef de clans de ré- ouvrir la question du Kabaka une fois élu.
Au gouvernement de Museveni, on s’inquiète. Le leader du Parti Démocratique est très populaire et menace leur candidat. Yoweri Museveni en fin politicien, a senti la menace peser sur lui. Il décide très vite de ressortir la carte Mutebi afin d’affaiblir tous soutiens au parti royaliste qui a fait ouvertement de Paul Ssemogerere son champion. Il entame des négociations avec la petite cour en exil et en Juillet 1993, un amendement constitutionnel rétablit les pouvoirs des chefs traditionnels (
Amasaza).

Ronald Mutebi II revient en Ouganda , acclamé en Bouganda et se fait couronner dans la plus grande tradition des Kabakas à Buto. C’est enfin la restauration attendue par tout son peuple. Le retour de la monarchie vaut bien une signature de la Présidence au bas de l’amendement constitutionnel. Museveni a bien manœuvré.
Il a restauré les royaumes d’Ouganda en échange d’un soutien pour sou gouvernement, un contrat à vie qui lie le souverain Bougandais à la république d’Ouganda. Son rôle sera traditionnel, il régnera sur son territoire ancestral mais devra rendre des comptes à celui qui a permit son couronnement. Un coup dur pour Ssemogerere qui perd ses partisans les plus zélés. La restauration s’est faîte, les royalistes n’ont pas de raison de le suivre encore. Seuls, ceux qui croient en une restauration totale du Kabaka sur tout l’Ouganda voient encore en Ssemogerere le sauveur du pays.
L’élection présidentielle achèvera de briser les rêves des derniers tenants de l’absolutisme. Museveni est élu avec 76% des voix contre 23% pour son principal opposant le 9 Mai 1996. Mutebi n’avait pas daigné lancer des appels au vote Bougandais en la faveur de l’opposant historique.

Frederick Ronald Muwenda Mutebi II devenu le trente- sixième Sabasajja Kabaka du Bouganda peut enfin ouvrir la première session du Lukiiko et jouir du pouvoir de ses ancêtres.
Son rôle est constitutionnel. Il ne règne que sur son peuple et ses ministres prennent garde de ne pas heurter la République bienveillante. Si Obote a chassé le précédent souverain, qui sait ce que pourrait faire Museveni. Mutebi II le saitil doit son trône à l’ex-rebelle. En Mars 2001 et Février 2006, le Kabaka appellera ouvertement au vote de son protecteur pour l’élection présidentielle.
En Novembre 2005, Ssemogerere a démissionné de son poste de leader du Parti Démocratique et le 28, c’est le maire de Kampala John Ssebaana Kizito qui lui a succédé. En Février 2006, son parti a réalisé 2% aux élections présidentielles et obtenu 8 sièges sur 289 au Parlement Ougandais. Il a perdu tous soutiens royalistes et s’est fondu dans la masse des petits partis politiques républicains.


Le 27 Août 1999, l’ancien étudiant de Cambridge a épousé Lady Sylvia Nagginda Luswata (née en 1964) à la Cathédrale Saint Paul de Namirembe. Ils ont eu depuis quatre enfants dont le Prince héritier Suna (III).
L’arrivée de Lady Sylvia Naggindane ne s’est pourtant pas fait sans heurts. La famille royale n’a pas été enthousiaste du choix du souverain qui néanmoins a montré son indépendance en refusant de choisir une autre épouse, que la fille du Directeur du Ballet de Kampala. Certaines Princesses du clan royal (et sœur de Mutesa) monteront en vain une cabale contre le Kabaka, l’accusant d’être illégitime. Il est vrai que la Bouganda ignore en théorie le principe du droit d’aînesse qui confirme le premier garçon mâle comme futur roi. Tous les princes sont traités sur le même pied d’égalité. Un conseil doit choisir le futur héritier en vertu de certaines caractéristiques comme les études, le comportement… etc. Dans une cérémonie secrète, les chefs du Conseil donne une pièce du vêtement que porte le futur héritier à celui qui préside le conseil et le nom du prince n’est connu qu’à la mort du Kabaka.

Ce choix du souverain évite ainsi au premier garçon mâle né d’éviter un assassinat pour la course au trône.

L’assassinat du cousin du Roy, le Prince Charles, sera l’ultime événement violent qui mettra fin au complot.
La présence d’officiels ougandais au mariage confortera la position du Kabaka. Ils ne restaient plus qu’aux tambours royaux, porte- paroles du Kabaka, d’annoncer à tout le pays le mariage du souverain.

Les kabakas étaient bel et bien de retour en Ouganda.


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