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Ouganda
Le Royaume d’Ankole
Les Rois d’Ankole ne vont pas marquer l’histoire de l’Ouganda comme leurs puissants voisins du Bouganda, Bunyoro ou Toro. Fondé en 1447, le royaume de Nkore va prospérer tranquillement à l’ombre des guerres qui bouleversent le pays et ce malgré les fréquentes incursions du Bunyoro dans le territoire d’Ankole. D’ailleurs les rois qui vont se succéder en Ankole pratiquent eux-mêmes des incursions dans les villages environnants afin d’asseoir leur autorité.
La dynastie Bahinda ne se lasse pas d’annexer tout ce qu’elle peut conquérir, réduisant les populations en esclavage. Les Omukana (rois) ont établis une hiérarchie très disciplinée, déléguant une part de leurs pouvoirs à des chefs traditionnels.
1839- 1867Règne de Mutambuka qui a succédé à Gasyonga Ier
1867Régence de Mukwenda
1867- 1895Règne de Ntare V Rugingiza
1895- 1897Régence de Kahitsi.
1897- 10 Octobre 1944Règne d’Edward Sulemani Kahaya II
Septembre 1945- 8 Septembre 1967Charles Godfrey Gasyonga II (1910- 1979)
20 Novembre 1993John Patrick Ntare VI ( né le 10 Janvier 1940), restauré par décret constitutionnel.
Les Territoires du Bugosa
Les territoires de Bugosa ne furent officiellement découvert qu’en 1862. A en croire l’administration anglaise de l’époque, la découverte de ce peuple est l’œuvre d’un explorateur de la Royal Geographical Society, John Hanning Speke. Un explorateur au demeurant plus célèbre par sa découverte des sources du Nil que par celle du Bugosa.
Pourtant, c’est au XVIème siècle que le Prince Mukama Namutukula du clan Baisengobi décide de s’émanciper du Bunyoro et de fonder un petit royaume au nord du Bugosa . Il divisa ses territoires entre ses cinq fils, empruntant ses prérogatives à celle de son état de naissance. Le Bugosa est un exemple de réussite monarchique sur le plan local. En subdivisant son royaume et en donnant les mêmes quantités de pouvoir à ses cinq fils, Mukuma a ainsi évité une guerre civile à son royaume. Cette forme de monarchie fédérative va prendre forme administrativement sous le protectorat anglais (1906) et servira de base constitutionnelle au futur royaume ougandais. D’ailleurs, les Anglais vont désigner un bougandais (Kagunkulu) pour diriger ce royaume après la mort de malaria du Prince Yosia Nadiope I (de 1906 à 1913) auquel les colons refusaient pourtant de lui reconnaître le titre de souverain du Bugosa.
Les territoires du Bugosa vont peu goûter à cette intrusion du Bouganda dans leurs affaires internes. Mais il est vrai aussi que le Bugosa était assez dépendant du Bunyoro et de facto du Bouganda.
Pour éviter toutes rébellions des chefferies, les anglais décident d’envoyer les fils des princes en Angleterre recevoir une éducation plus … britannique. En faisant cela, les anglais laissaient croire aux Princes régnants qu’ils étaient en voie d’accéder aux titres si convoités de rois, égaux de celui du Bouganda. Le 11 Février 1939, Le Prince Ezekiel Tenywa Wako fut officiellement intronisé premier Kyabazinga (Roy) de Bugosa. Ce n’était pas un inconnu pour les chefferies de ce petit état fédéral. En 1919, avec le support de l’autorité coloniale ce Prince (Zibondo) de Bulamongi fut élu Président du Conseil Royal des chefferies du Bugosa. Il est vrai que ses potentiels rivaux étaient soient issus d’une lignée peu royale, trop jeunes ou pas assez anglophones aux yeux des autorités coloniales. En 1925, il fit un pas supplémentaire vers la reconnaissance royale en intégrant le Conseil des souverains de l’Ouganda.
Wako régna paisiblement jusqu’en 1949 où il se jugea trop âgé pour continuer à assurer ses fonctions royales et abdiqua. Le Parlement du Bugosa continua de respecter la tradition élective de la monarchie et il fut décidé que les souverains élus du Bugosa seraient issus des cinq lignées du Roi Mukama. Ainsi William Wilberforce Nadiope II Kadhumbula du territoire de Bugabula fut nommé pour deux ans avant d’être remplacé par Henry Wako II Muloki (né en 1921). Le règne de Nadiope II ( fils du premier Nadiope) fut assurément celui de la sécurité. Il s’employa à réduire l’insécurité qui régnait dans le Bugosa et s’opposa brièvement à l’Home rule dont certaines méthodes lui paraissaient peu respecter la condition humaine de l’homme noir. Exilé par les autorités coloniales, il fut rappelé deux ans plus tard pour obtenir des Bugosais un soutien militaire et humain pendant la seconde guerre mondiale.
Le Kyabazinga Nadiope fut un partisan convaincu de l’indépendance et rejoignit l’U.P.C. de Milton Obote. Le Kyabazinga n’entendait pas renverser le Kabaka du Bouganda mais Milton Obote et son parti offraient la vision d’un Ouganda fédéral plus serein pour son pouvoir que le Kabaka Yekka, plus hégémonique. D’ailleurs Obote fit de Nadiope un Président actif de son parti et un Vice- Président de la nouvelle République. L’abolition de la monarchie en 1966 le contraint également à l’exil.
Une communauté asiatique installée dans la capitale Jinja fit prospérer le Bugosa en lieu et place de son souverain avant de tomber en désuétude lors des expulsions de 1972 ordonnée par Idi Amin Dada, décidément peu au fait des potentiels économiques que représentait cette communauté.
C’est tout naturellement que le Bugosa soutint Museveni dans sa rébellion et ce dernier accepta de restaurer la dignité royale du Bugosa le 11 Février 1995 par l’article 246 de la nouvelle constitution avec à sa tête Henry Wako II. La forme d’élection royale a été conservée par le Royaume du Bugosa bien que sujet à controverse car de fait le royaume ne possède aucun prince héritier.