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Ethiopie
Ce fut encore un enfant de sept ans qui monta sur le trône. L’Impératrice Miriam Sena fut nommé Régente de son fils, Jacob Malal Sagad II avec le Ras Antenatewos. Pourtant le jeune Négus n’avait pas été le premier choix de son père mais plutôt Za Dengel neveux de Sarsa. Le conseil de Régence exila Za Dengel et le Prince Sousneyos afin d’éviter une nouvelle guerre civile. Les frontières avaient été rétablis par Sarsa Dengel et la paix assurée. Il fallait donc éviter à toux prix une nouvelle invasion.
Cependant les deux princes (abetos) réussirent à s’échapper, Za Dengel dans les montagnes, Sousneyos chez les Oromos.
A Treize ans, Malal Sagad II ne supportant plus l’omniprésence du Ras Antenatewos le renvoya pour le remplacer par l’intriguant Ras Za Sellase. Comploteur ou partisan de Za Dengel, quoiqu’il en soit le Négus fut déposé au cours d’un coup d’état par le Régent qui appela sur le trône le neveu de Sarsa (1603)
Za Dengel nouveau Négus entendait démettre de ses pouvoirs le Régent. Za Sellase obtempéra mais de mauvaise grâce. Za Dengel se rendit bientôt insupportable et un an après son avènement fut à son tour déposé par celui- la même qui avait contribué à sa montée sur le trône. Za Sellase rétablit Malal Sagad sur le trône. Fort heureusement cet interrègne ne perturba pas la vie de l’Ethiopie. D’ailleurs Za Dengel fut peu après tué lors d’une confrontation armée avec les partisans du Négus.
C’était oublié un peu vite le Prince Sousneyos. Marchant à la tête d’une armée composés de soldats Oromos, s’auto- proclamant Négus, il fut rejoint pas les troupes de Ras Antenatewos. Le Ras Antenatewos bien qu’il puisse se vouloir revanchard était légitimiste et ses faveurs allaient à Malal Sagad. Mais n’arrivant pas à joindre le Négus ou le Ras Za Sellase, il avait rejoint Souseyos le croyant réellement nouvel empereur.
Malal Sagad avait pourtant rassemblé ses troupes et se préparait à affronter on rival. Malade, surpris par les fièvres, Sousneyos se retira dans les montagnes d’Amhara avant de rencontrer les troupes du Ras Za Sellase qu’Antenatewos avait décidé de rejoindre finalement. Za Sellase perdit ses troupes décimées par les Oromos. Acculé, il abandonna le Négus et se soumit à Sousneyos. Peu de temps après, Mala Sagad II fut tué lors de la bataille de Gol en 1607 (son corps ne fut jamais découvert et durant les premières années du règne de Sousneyos plusieurs personnes prétendirent être le Négus ressuscité)
Sousneyos devenait enfin Négus en 1606 à l’âge de 34 ans et comme pour marquer une continuité du pouvoir, se fit appeler Malal Sagad III. Sousneyos chassa les prêtres orthodoxes du palais et s’entoura d’ecclésiastiques européens. Convertis au catholicisme (1622) grâce à l’action du Père Pédro Paez, les jésuites commencèrent à convertir les éthiopiens. Au-delà de l’aspect religieux, Sousneyos espérait aussi que les Portugais et les Espagnols lui enverrait des troupes le protéger contre d’éventuelles invasions. Mais les cours de Leurs Majestés Catholiques dédaignèrent les demandes du Négus. A la suite du départ du Père Paez, son successeur se montra moins tolérant envers le concubinage royal.
Sousneyos entendait rendre à la dynastie toute sa splendeurson père Fasilides n’était-il pas le petit- fils de David II Sousneyos n’était pas le premier Négus à se convertir au catholicisme. Le Prince Krestos, fils de Malal Sagad II, réfugié à Jérusalem se convertit à a religion catholique et s’installa à Rome puis à Paris en 1632 avant d’y mourir six ans plus tard.
Le mépris du Père Alphonse Mendez pour les éthiopiens provoqua des rébellions lorsque celui-ci déclara la tutelle du pays par le Vatican et l’interdit l’usage du calendrier éthiopien, de sept ans en retard par rapport au calendrier grégorien. Le Ras Sarsa Christos se souleva (1630) et proclama le fils de Sousneyos (Fasilides) Négus. Sousneyos réagit promptement et fit pendre le rebelle. Deux plus tard, ce fut le frère de Sarsa Christos, Malta qui souleva le pays. La guerre fut brève mais coûta la vie à des milliers de sujets du Négus.
Perturbé par la perte de tant de vies, Sousneyos qui pouvait se targuer d’être un prince des lumières avant l’heure, se referma sur lui-même et abandonna progressivement le pouvoir à ses conseillers. Sousneyos décida finalement de rendre ses pouvoirs à l’église éthiopienne et d’abdiquer en faveur de son fils avant de rendre l’âme peu après.
Fasilides Alam Sagad (né en 1603) proclamé Négus renvoya du pays tous les jésuites installés en Abyssinie et interdit le culte catholique. Fasilides haïssait le Père Mendez, l’accusant de tous les mots du pays. Le Jésuite dut re- traverser l’Afrique pour rejoindre le Portugal.
En 1636, il fonde une nouvelle capitale à Gondar. De là, il entreprit des campagnes contre les Oromos. Fasilides voulait continuer l’œuvre de son père et magnifier la puissance de son pays. Le Négus eut fort à faire aussi avec sa famille. Son fils David qui s’était rebellé en 1666 fut incarcéré. Le 18 0ctobre 1667, Fasilides rejoignait Sousneyos dans la tombe.
A peine enterré, le conseil royal sous la houlette de Malka Christos fit nommer Empereur le quatrième fils de Fasilides, laissant les frères du nouveau négus emprisonnés dans leur prison du Mont Wehni. Yohannes Ier (Jean) continua d’expulser les missionnaires chrétiens qui refusaient de rejoindre l’église éthiopienne quand il ne les faisait pas exécuter. Le Négus se rapprocha de l’église arménienne dont les préceptes étaient proches de son église et les autorisa à s’établir dans le pays. Le 19 Juillet 1682, son fils et gouverneur de Godjam Iyassou Adam Sagad lui succèda sur le trône. En 1685, son frère Isaac fut proclamé Négus par des généraux en révolte. Il fut rapidement capturé, emprisonné et ….. certainement exécuté.
L’Empereur décida de réformer l’Empire, promulgua des lois favorables au commerce et confina l’appareil administratif entre les mains du clergé. Son règne éclairé fut tel que la France envoya une délégation traiter avec le Négus. Lors d’une campagne contre les Oromos, le Négus apprit la mort de sa concubine favorite. Déprimé par cette nouvelle, il se retira sur une île du Lac Tana. A Godjam, la cour s’inquiétait de l’absence du Négus au palais et commençait à réclamer son abdication au profit de son fils Tekle Haymanot. Apprenant le complot dont il était a victime, Iyassou marcha sur sa capitale. Le 13 Octobre 1706 sur le chemin du retour, il fut assassiné sur ordre de son propre fils et la complicité de l’Impératrice.
Tekle Haymanot Ier fut donc proclamé Nagusä Nägäst dans un contexte de guerre civile. Si les éthiopiens sont fidèles à la dynastie, ils n’en reprochent pas moins au Négus le meurtre d’Iyassou. D’ailleurs, le sentiment de révolte se propage à travers tout le pays. Le père de l’Empereur était aimé. En Septembre 1707, un soulèvement éclate au Godjam et le leader de la rébellion, Amda Seyon, est proclamé Négus. Le règne d’Amda Seyon ne durera qu’un mois. Tekle Haymanot forcera la fuite de l’usurpateur qui s’était déjà installé dans son lit.
Pourtant Tekle Haymanot ne faisait toujours pas l’unanimité. Au palais impérial, on se demandait si le pays se devait de garder cette dynastie parricide. Le 30 Juin 1708, la question fut tranchée dans le vif. Visitant ses provinces, Tekle Haymanot fut assassiné sur la route par un des anciens courtisans de son père.
Le Conseil Royal proclama immédiatement le Prince Théophile, frère d’Iyassou, Négus. Théophile fit ce pourquoi on l’avait installé sur le trône. Le nom de son prédécesseur fut banni des ordres royaux, sa mère l’Impératrice Malakotavit qui avait été la complice du meurtre de son époux fut pendue, les assassins de son frère exécutés soient un total de 37 personnes. Cette politique de vengeance mécontenta les partisans de son neveu. Et de nouveau, une rébellion éclata en 1709. Nebahne Yohannes fut proclamé à son tour Empereur. Théophile envoya ses troupes contre son rival qui fut capturé en Juillet 1710 puis libéré non sans avoir eut le nez et les oreilles coupées.
Théophile meurt le 14 Octobre 1711 dans d’étranges circonstances non élucidées ce jour.
Le Conseil royal hésitait à proclamer un membre de la dynastie Salomonide sur le trône de Ménélik. Il fut donc décidé qu’un membre du Conseil, Justin Tsehay Sagad, fut couronné en lieu et place du Négus légitime. Justin Ier craignait pour sa vie et ne sortait de sa capitale que pour chasser. En Janvier 1716, il tomba gravement malade et ne se montra plus devant son peuple. Sa succession fut l’objet de troubles entre partisans de sa famille et ceux de Salomon. Le 19 Février 1716, Justin rendait son dernier souffle. Les partisans de Salomon placèrent sur le trône, le Prince David (III), fils d’Iyassou et de sa concubine.
David ne supportait pas l’opposition religieuse surtout si celle-ci était considérée comme hérétique à ses yeux. Bien des moines en firent les frais. Quand il ne décidait de la punition de moines rebelles, le Négus chantait. Il agaçait ses partisans qui l’avaient placé sur le trône car il était la mémoire vivante de son père. Le 18 Mai 1721, il fut empoisonnéle négus avait cessé de plaire (on exécuta son médecin musulman et quelques aristocrates).
D’un fils d’Iyassou, le Conseil Royal en couronna un autre, Bakaffa Asma Sagad, dont le visage était amputé de son nez, résultante de sa fuite lors de sa captivité chez les Oromos. Le nouveau Négus s’employa à restaurer sa capitale. Quelques guerres et il en profita pour réduire le pouvoir de l’aristocratie (en 1727, il fait exécuté un gouverneur qui avait fait encerclé le palais impérial croyant que le Négus était mort). L’Empereur prenait plaisir à déambuler parmi son peuple déguisé, afin de connaître leur point de vue sur sa manière de gérer le pays.
Le 19 Septembre 1730, son fils Iyassou II lui succède. Le jeune Négus est âgé de sept ans. Sa mère, l’Impératrice Mentewab assure la régence du moins tout au début. Quelques jours après l’arrivée sur le trône d’Iyassou II, un soulèvement armé assiégea les enceintes du palais. L’Impératrice- mère dut sa survie aux murs fortifiés que son impérial époux avait fait rajouté durant son règne. Mentewab se fit couronner Co- Impératrice avec son fils afin d’asseoir son autorité. Un cas unique dans l’histoire de la dynastie.
Mentewab gouvernant le pays, Iyassou II tout jeune qu’il était, laissa libre court à sa passion pour la chasse et dépensa des fortunes à embellir sa capitale. Le trésor impérial commença à se réduire telle une peau de chagrin et Mentewab avait bien du mal à le maintenir face aux dépenses de son fils. Une révolte fut ourdie par un membre de la famille impériale, le Prince Hezqueyas. Emprisonné durant les premières années du règne d’Iyassou II, ses partisans le libèrent et le proclament Négus en 1736.Hezqueyas tenta par deux fois de prendre la capitale. Un an plus tard, affaiblit par les troupes d’Iyassou, Hezqueyas dut s’enfuir et avec lui son rêve impérial.
Malgré cette victoire, le prestige du Négus Iyassou II ne fut pas redoré pour autant. Une défaite militaire contre un royaume voisin et la perte d’objet religieux sacrés acheva de démystifier le Négus. Pis, ce fut bientôt toute la famille impériale qui perdit crédit aux yeux des éthiopiens. Mentewab avait une liaison avec Iyassou, fils de la soeur de Bakaffa, Romanework, et dont elle eut trois fille. L’une d’entre elles sera d’ailleurs mariée au Ras du Tigré, Michaël Sehul, devenu trop puissant pour la dynastie. Si le Négus est proche de ses demi- sœurs, il n’en détesta pas moins Iyassou qu’il finit par faire assassiner en 1742.
Romanework attendit dix ans sa revanche. En 1755, sa fille empoisonna le Négus qui mit un mois à agoniser lentement (Mai- 27 Juin). Le trésor était vide, ses funérailles ne dépassèrent pas le luxe de celui d’un paysan. Attristé par cette situation, l’Impératrice Mentewab proposa de se retirer dans un couvent mais le Conseil royal la persuada de rester régente du fils d’Iyassou II, le jeune Prince Iyoas tout juste âgé de quelques mois. Ce qui n’est pas du goût de sa mère, l’Impératrice Welete Bersabe, fille d’un chef Oromo.
La rivalité entre la mère de l’Empereur et la régente sera rude. D’ailleurs Ioyas lorsqu’il atteindra sa majorité parlera plus facilement l’Oromo que l’Amharique. Le Négus n’hésite pas à mettre à la tête des troupes éthiopiennes ses oncles issus du clan maternel avant de se raviser devant le mécontentement de la noblesse. Mal conseillé par le Ras Michaël (devenu le leader du camp Amharique), le Négus s’attira la haine de son aristocratie. Profitant du mal être qui régnait au palais, Ras Michaël Sehul déposa le Négus le 7 Mai 1769 avant de le faire assassiner une semaine plus tard.
Encore une fois la dynastie de Salomon se retrouvait entre les mains de gouverneurs provinciaux.
Ras Michaël installa sur le trône un frère de David III, Jean II (Yohannes) fraîchement sorti de sa prison. Le Conseil royal fit remarquer au Ras que le nouveau Négus était amputé d’un bras, résultante d’une tentative raté d’évasion. A travers cette remarque, c’était la légitimité du nouvel Empereur qui était mis en doute. Ras Michaël maria rapidement une de ses petites filles à Jean II. Le Négus n’avait pas plus d’attirances pour les affaires militaires que pour le pouvoir. A plusieurs reprises, il demanda à revenir dans prison…en vain. Supportant mal cette faiblesse, Ras Michaël décida qu’il était temps pour le Négus de rejoindre ses frères. Le 18 Octobre 1769, au cours de son petit déjeuner, le Négus fut en proie à de fortes convulsions. En quelques minutes, le Négus rendit l’âme, empoisonné.
Tekle Haymanot II (ou Admas Sagad III) a quinze ans lorsqu’il accède au pouvoir. Ce fils de Jean II et de la Woizero (Impératrice) Sancheviyar avait sur lui l’ombre de Mentewab décédée et celle de Ras Michaël qui avait entre les mains les réalités du pouvoir, exécutant ceux qui raillaient son pouvoir, les moines, ses généraux .. Tekle Haymanot II se taisait, les Généraux de Ras Michaël lassés de cette dictature se rebellèrent. En Juin 1770, trois Généraux de son armée entrèrent en rébellion ouverte contre le Ras Michaël et proclamèrent l’un d’entre eux, Empereur sous le nom de Sousneyos II. Gondar rapidement prise, les putschistes commencèrent à ses disputer. Le 23 Décembre, Ras Michaël chassait l’intrus et restauré Tekle Haymanot II.
Ce fut la dernière action de bravoure du Ras. Défait lors d’une guerre l’année suivante, il dut renoncer à ses prérogatives le 4 Juin 1771 devant un autre seigneur de la guerre. Un Ras succédant à un autre, le Négus Tekle Haymanot II n’avait plus aucun pouvoir. On força son abdication le 13 Avril 1777. La dynastie n’avait plus lieu d’être en Ethiopie. A quelques milliers de kilomètres en Europe, la France commençait à sentir les prémices de sa révolution. Tekle Haymanot II mourut en Septembre de l’année de son abdication.
Les Ras du Tigré détenaient l’essentiel du pouvoir. Le fils d’un évêque Salomon (II) fut proclamé Empereur de 1777 au 20 Juillet 1779. Fils d’ecclésiastiques, il contribua à l’essor de l’église Sainte Fasilides.
La guerre civile éclata. Partisans du Ras et partisans du Négus légitime s’affrontaient dans le désert en combats sporadiques. Quant ce n’étaient pas des gouverneurs locaux qui s’arrogeaient le titre de Nagusä Nägäst. Le 16 Février 1784, Iyassou III, un petit fils d’Iyassou II fut sorti de son église et proclamait Négus. Il fut déposé le 24 Avril 1788 avant de mourir quelques mois après. Contre lui en 1787 le Tigré et le Godjam lui avaient opposé l’obscure Iyassou, défait un an plus tard par les troupes fidèles à Iyassou III. Le Tigré et le Godjam projetèrent sur le trône, Baeda Maryam qui s’enfuit au moment où Iyassou III était déposé. Refusant de le suivre dans son exil, les partisans de Baeda Maryam proclamèrent Tekle Haymanot (III). Il n’eut pas plus de chances que ses prédécesseurs. En 1789, il était chassé de Gondar.
En France, la révolution avait chassé son Roy .
Une fois encore le Tigré sortit de sa manche un rejeton de la famille impériale. Le 20 Mai 1796, le fils de Tekle Haymanot II, Salomon III, fut installé sur le trône de ses ancêtres. Son règne ne fut que luttes pour le titre d’Empereur. Chassé par son frère et prédécesseur Tekle Georges le 15 Juillet 1797 puis par la rébellion de son Maître des chevaux, Salomon se réfugia à Aksoum. Un Négus du nom de Jonas fut proclamé entre le 18 Août 1797 et le 4 Janvier 1798, on restaura brièvement en Mai 1799 Salomon III avant de le renvoyer de nouveau quelques jours après.
Le pays était devenu la proie des gouverneurs locaux qui se disputaient les miettes de l’Empire. Tekle Giorgis s’empara du trône. Ce n’était pas la première fois qu’il était Empereur. En 1779, il avait occupé le poste avant d’en être chassé le 8 Février 1784 puis réinstallé le 24 Avril 1788. Entre temps les Princes Iyassou et Baede Maryam se disputaient l’héritage de Salomon. Tekle Giorgis put récupéré son palais de nouveau en Janvier 1794 et s’y maintint jusqu’au 15 Avril 1795. L’histoire se répéta pour le Négus qui fut de nouveau couronné entre le 20 Mai 1795 et le 17 Juillet 1796 et du 4 Janvier 1798 au 20 Mai 1799. Cette fois-ci Tekle Giorgis entendait mourir sur le trône de son ancêtre. Démétrios qui avait été Négus entre le 25 Juillet 1799 et le 24 Mars 1800 fit marcher ses partisans sur la capitale. Encore et encore une fois Tekle Giorgis devait fuir et les affrontements entre partisans des deux Négus ravagèrent le pays. Tekle Giorgis ne devait plus régner. Il eut seulement la joie de voir son rival Démétrios rendre l’âme en Juin en1801, 24 ans avant lui.
On fit appel au fils d’Hezqueyas, Egwale Seyon. Marié à la fille du Ras de Gugsa Wolde Selassié, ce fut celui-ci qui gouverna en réalité le pays. Le 19 Juin 1818, son fils Iyassou II lui succéda naturellement. Une première dans un pays ravagé par la guerre civile. Ras Selassié continua de gouverner le pays jusqu’à la mort de son protégé, le 3 Juin 1821.
On proclame un jour de 18 Juin 1830, un fils de Salomon III, Iyassou IV mais celui –ci à peu de réels pouvoirs. Les Ras du Tigré continuent de faire la pluie et le beau temps dans l’Empire. Son prédécesseur le Négus Gigar a été tiré de son monastère. Fils (ou frèred’Iyassou II, il a été couronné le 3 Juin 1821. Il est contesté comme à l’accoutumée et cela n’étonne plus personne quand Ras Haïlé Maryam le dépose en Avril 1826. Le Ras Marie de Begameder envoie ses troupes restaurer le Négus Gigar quelques jours après, chassant immédiatement celui qui avait été intronisé à sa place, Baeda Maryam III. Le protecteur du Négus Gigar fut tué lors d’un affrontement avec le Tigré le 14 Février 1831. Son frère et successeur, Ras Dori avait peu de sympathie à l’égard de Gigar qui fut renversé à son tour en Juin de la même année. Gigar devait survivre encore deux ans avant de finir comme bon nombre de ses prédécesseurs, empoisonné.